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Les hommes qui ont rêvé une Afrique unie

Pour notre série spéciale Journée de l'Afrique, retour sur les pères fondateurs de l'Organisation de l'Unité Africaine, ces hommes extraordinaires qui, le 25 mai 1963, ont décidé ensemble que l'Afrique parlerait d'une seule voix.

Imagine un continent qui vient tout juste de se libérer de la colonisation. Des dizaines de pays nouveaux, des millions de personnes qui reprennent leur liberté. Et des dirigeants qui se posent une grande question : et si on faisait tout ça ensemble ?

C’est exactement ce qui s’est passé à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 25 mai 1963. Ce jour-là, 32 chefs d’État africains ont signé la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine. Parmi eux, des hommes que l’histoire n’a jamais oubliés.

Le plus ardent défenseur de l’union, c’est Kwame Nkrumah. Né en 1909 au Ghana, il a mené son pays vers l’indépendance en 1957 — une première en Afrique noire. Pour lui, cela ne suffisait pas. Il voulait unir tout le continent, comme les États-Unis d’Amérique. « L’indépendance du Ghana n’a pas de valeur si elle n’est pas liée à la libération totale de l’Afrique », disait-il. Un rêve immense, porté par un homme immense.

C’est chez Haïlé Sélassié Ier, l’empereur d’Éthiopie, que cette grande réunion a lieu. Il ouvre ses portes et préside la naissance de l’OUA. L’Éthiopie n’a jamais été colonisée : difficile de trouver meilleur symbole pour accueillir la naissance d’une Afrique libre.

Un peu plus à l’ouest, Ahmed Sékou Touré, président de la Guinée, est déjà une légende. Cinq ans plus tôt, en 1958, il avait dit non à la France d’un seul mot, avec une phrase que tout le monde connaît encore : il préférait « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage. » À Addis-Abeba, sa voix porte fort.

Julius Nyerere, lui, dirige la Tanzanie avec douceur et intelligence. Ses compatriotes l’appellent Mwalimu, ce qui veut dire « l’enseignant » en swahili. Il croit que les peuples africains sont comme une grande famille : ils doivent s’entraider et avancer ensemble.

Enfin, il y a Léopold Sédar Senghor. Poète autant que président du Sénégal, il apporte une vision plus prudente : construire l’unité africaine doucement, en respectant chaque pays. Pas toujours d’accord avec Nkrumah, mais animé du même amour pour l’Afrique.

Ces hommes ne se ressemblaient pas tous. Ils ne pensaient pas toujours pareil. Mais ce jour de mai 1963, ils ont choisi de mettre leurs différences de côté pour construire quelque chose de grand. L’OUA est devenue l’Union africaine en 2002 — et leur rêve, lui, continue de vivre.

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